Celle qui tue

Troisième album de Robert 2002 (14 titres).

Acide à faire - A la guerre comme à la guerre - L'eau et le ciel - Le chant des sirènes - La malchanceuse - Nitroglycérine - Le prince bleu - Sorcière - Pour moi - Rendez-moi les oiseaux - Maman - Celle qui tue - Requiem pour une soeur perdue - Le funambule.

Acide à faire


Tu me quittes mon amour
Facile à dire mais Acide à faire
Et c'est vieux comme l'immonde
Et tu n'inventes rien
Ni ma douleur, ni la tienne
Comme je te plains

Facile, facile à dire
Acide à faire

De tes mots la morsure
S'échappe comme un refrain
Je saigne, mais je retiens
Mon souffle et le refrain
Et c'est vieux comme l'immonde
Et tu n'inventes rien
Ni ma pâleur ni la scène
Comme je te plains

Facile, facile à dire
Acide à faire

Ton envol, mon amour
A obscurci mon ciel
Tu te tires à tire-d'aile
Très loin de moi pour elle
Et c'est vieux comme l'immonde
Et tu n'inventes rien
Ni les cris, ni le mensonge
Comme je te plains

Facile, facile à dire
Acide à faire

Après tout, mon amour
Comme tu le dis si bien
Avant nous, mon amour
Ça n'était pas moins bien
Mais moi qui t'aime comme l'immonde
Et qui n'invente rien
Avant toi, mon amour
Avant, je n'avais rien

A la guerre comme à la guerre


Je pars à la guerre
Dans mon armure
Je pars à la guerre
En tenue de combat
Je n'aimerais pas
Être à ta place
Tu crois me connaître
Tu n'en reviendras pas

Attends-toi à mourir
À la guerre comme à la guerre
Tous les coups sont permis
Très cher !
Tu ferais bien d'avoir peur
À la guerre comme à la guerre
Tous les coups sont permis
Très cher !

Quand mon épée plongera
Dans ta poitrine ô mon amour
Je pousserai un cri de joie
J'attends ça !

Tu pars à la guerre
Dans ton armure
Tu pars à la guerre
En tenue de combat
Ta fière allure
Me fait sourire
Je sais que c'est toi
Qui mordra la poussière

Attends-toi à mourir
À la guerre comme à la guerre
Tous les coups sont permis
Très cher !
Tu ferais bien d'avoir peur
À la guerre comme à la guerre
Tous les coups sont permis
Très cher !

Quand tu me demanderas grâce
À genoux, ô mon amour
Je pousserai un cri de joie
Tu verras !

L'eau et le ciel


L 'eau et le ciel
Je m'a promène
J'y danse même
Oiseau-Sirène
En robe blanche

Je me suis envoyée valser
Et le décor valait bien la peine de ma peine
Je ne pouvais pas rester
Il me fallait juste m'envoler.

c'est pour toujours
J'ai des regrets
Si je t'ai fait
Souffrir un peu
c'est fait c'est fait

Je me suis envoyée valser
Et le décor valait bien la peine de ma peine
Je ne pouvais pas rester
Il me fallait juste m'envoler.

Pardonne-moi
Pour cet adieu
De ta fenêtre
La nuit tu peux
Me voir un peu

Car ici l'eau est si pure, l'air est si doux
La nuit mon âme comme une étoile
S'illumine et ce décor valait bien la peine de ma peine

Le chant des sirènes


Lans les flots de nos larmes où nous vivons en peine
Âmes sœurs, âmes seules nous sommes les sirènes
Loin des rivages, des hommes, l'eau salée nous enchaîne

Entends-tu ma voix qui monte ?
Vers toi qui ne vois que celles qui ont des jambes
Entends-tu ma voix qui monte ?
Vers toi qui regardes à la place d'écouter
Ne vois pas mes écailles de poisson
Si jolies mais qui ne te plaisent pas

Écoute le chant des sirènes
Écoute le chant des sirènes pour toi
Écoute le chant des sirènes
Écoute le chant des sirènes
c'est ma voix

Entends-tu les jambes de ma voix
Qui courent vers toi et se nouent autour de toi ?
Entends-tu les jambes de ma voix
Qui dansent pour toi et te gardent au creux de moi ?
Ressens-tu l'étreinte de ma voix
Longue voix vêtue de bas de soie?

La malchanceuse


Blottie dans ton grand manteau
Je ne parviens plus
A me protéger du froid
Je meurs, blottie contre toi

D'amour et d'eau fraîche
Nous nous sommes nourris
De nous avoir crus si forts
Je meurs, me voilà punie

Je suis la malchanceuse
La va-nu-pieds, la gueuse
Elle meurt ton amoureuse
Te diront les envieuses
Je suis la malchanceuse
La va-nu-pieds, la gueuse
Oui mais je meurs heureuse
Heureuse et amoureuse

Souffle, mon amour
Que ton nuage blanc
Réchauffe mes doigts
Et s'il est encore temps,
Sauve-moi

Mourir D'amour et d'eau fraîche
c'est en vivre
Tes yeux, ta bouche et ta peau
J'ai bu, de toi je suis ivre
Dédale de mots D'amour
Où nous avons dansé
Que l'écho de nos voix nous perde
Jamais nous n'avions songé

Nitroglycérine


c'est un amour maudit
c'est une erreur fatale
Pour toi et moi
Nitrate et Glycérine
c'est un amour maudit
Que nous ferons
Que nous vivrons
Dont nous crèverons
Ce sera l'enfer, l'apocalypse
Mords-moi la bouche
Puisqu'il n'y a plus
Rien d'autre à faire
Puisqu'il faut bien que l'explosion se passe
Est-il plus grave nécessité ?
Je t'en prie, prends ma tête entre tes mains
Puisqu'il faut bien que nitroglycérine ait lieu.

Il est déjà trop tard
c'est une erreur fatale pour toi et moi
Au tout premier regard
c'est un amour maudit
Que nous faisons
Que nous vivons dont nous crevons
c'est ça l'enfer, l'apocalypse
Mords-moi la bouche
Puisqu'il n'y a plus rien d'autre à faire
Puisqu'il faut bien que l'explosion se passe
Est-il plus grave nécessité ?
Je t'en prie, prends ma tête entre tes mains
Nitroglycérine-moi
Ne me laisse pas mourir seule
Serre mes poignets dans tes mains
Ne te laisse pas mourir seul
Je ne veux pas exploser sans toi, mon amour.

c'est un amour maudit
c'est une erreur fatale
Pour toi et moi
Nous y laisserons la peau
c'est un amour maudit
Que nous ferons
Que nous vivrons
Dont nous crèverons
Ce sera l'enfer, l'apocalypse
Mords-moi la bouche
Puisqu'il n'y a plus rien d'autre à faire
Puisqu'il faut bien que l'explosion se passe
Est-il plus grave nécessité ?
Je t'en prie, sois le nitrate cette nuit
Fais de moi ta glycérine
Ne me laisse pas crier seule
Serre mes poignets dans tes mains
Ne te laisse pas crier seul
Je ne veux pas exploser sans toi, mon amour.

Le prince bleu


J'ai conservé
Tous mes livres d’images
Dans les greniers
De mon jeune âge

Il reviendra
Sur son fier alezan
Le Prince Bleu
De mes six ans

c'est lui,
Mon prince bleu, mon soleil
Chantant dans mon sommeil
Des mots, des monts et merveilles
Attendant que je m'éveille

Je donnerais
Tous les croissants de lune
Tous les bijoux
De la fortune

Mes souvenirs
Mon enfance et mes jeux
Pour le retour
Du Prince Bleu.

c'est toi
Mon prince bleu, mon soleil
Je vais chanter pareil
Des mots, des monts et merveilles
Que jamais je ne m'éveille

Sorcière


Sorcière, transforme-moi en citrouille
Après minuit, je m'enrage
Je veux tuer mon amant
Je suis en état de nuire
Change mes ongles en velours
Ou je lui arrache les yeux
Emmène-moi loin d'ici
Pour que je sauve sa vie
Ah, ah, ah, ah, ah, ah !

Le désir me donne envie de faire le mal
L'amour m'est crime, je n'ai pas
Pas l'innocence.
Le plaisir me donne envie d'aller plus loin
L'amour m'est un crime qui jamais
Ne me pardonnera.

Sorcière transforme-le en citrouille
Cet amant si ravissant
Après minuit, J'ai si faim
J'ai trop envie de son sang
Ma dentition me démange
Quand je vois ce cou si blanc
Derrière mon visage d'ange
Un vampire d'au moins cent ans
Ah, ah, ah, ah, ah, ah !

Pour moi


Je n'avais jamais rien voulu
Jamais rien attendu
Jusqu'au jour où je l'ai vu
Il était pour moi

Pour moi, pour moi, pour moi

Le jour où je n’serai plus là
Lui, il sera là et il pleurera
Pleurera pour moi
Il ne s'en ira pas avec une autre que moi
Il ne le sait pas, mais il pleurera

Pour moi, pour moi, pour moi
Il ne le sait pas, mais il pleurera
Pour moi, pour moi, pour moi?
Il ne s'en ira pas avec une autre que moi

Je n'avais jamais rien voulu
Jamais rien attendu
Jusqu'au jour où je l'ai vu
Il était à moi

A moi, à moi, à moi
Il ne le sait pas, mais il est à moi
A moi, à moi, il est à moi
Il ne s'en ira pas, il est
A moi, à moi, à moi, à moi, à moi
Pour moi, pour moi, pour moi

Je n'avais jamais rien voulu
Jamais rien attendu
Jusqu'au jour où je l'ai vu
Il était à moi

A moi, à moi, à moi, à moi, à moi
A moi, à moi, à moi, à moi, à moi

Rendez-moi les oiseaux


c'est en ouvrant les journaux
Que J'ai compris ces mots

Jamais tu n’la reverras
Jamais ne la posséderas
Jamais tu ne comprendras pourquoi
Elle ne peut être à toi

Jamais je n'ai voulu
Ce que tout le monde a vu
Quand ils l'ont retrouvée
Dans son sang baignée
Son ventre déchiré
Moi je l'aimais

Rendez-moi les oiseaux
Je l'entends qui m'appelle
À travers ces barreaux
Comme sa voix m'est cruelle
Cruelle oui mais si belle
Rendez-moi les oiseaux
Je l'entends qui m'appelle
À travers ces barreaux
Elle me reste fidèle
Moi qui suis condamnée
Belle deviendront ces années
Passées à l'implorer

De ne pas m'en vouloir
Que c'était notre histoire
Une robe de voiles noirs
Rouge-sang sont les rubis
Dont J'ai recouvert son corps
Elle m'a jetée un sort
Puis m'a jetée dehors
Rouge-sang sont les rubis
Ce sang que tout le monde a vu

Maman


Petite fille en chaussons roses
Petite fille j'étais ta rose, Maman
Petite fille aux boucles blondes
J'avais appris à faire la ronde, Maman

Moi, je t'aimais
Je t'aimais si fort
Je me battais sans fin
Pour te plaire mais en vain
Maman, je t'aimais
Je t'aimais si fort
La fleur dont tu rêvais
Je te l'apporterai

Toi, toi tu me voulais belle
Comme le bleu de tes yeux
Moi je m'a suis noyée
J’n’ai pas su faire mieux
Alors, J'ai fait comme dans les contes
J'ai joué à la sirène
d'une voix de cristal
Jaillit ma peine

Petite femme aux lèvres roses
Petite femme de pas grand-chose, Maman
Je suis partie sans but ni cause
Depuis ce jour, ta porte est close, Maman

Moi, je t'aimais
Je t'aimais si fort
De ma voix de cristal
Je t'envoie des pétales
Maman, je t'aimais
Je t'aimais si fort
La fleur dont tu rêvais
Je te l'apporterai

Mais viens, redonne-moi la main
Et le bleu de tes yeux
La vie d'une sirène
En est l'enjeu

Toi, toi tu me voulais belle
Comme le bleu de tes yeux
Moi je m'a suis noyée
J’n’ai pas su faire mieux
Alors, J'ai fait comme dans les contes
J'ai joué à la sirène
d'une voix de cristal
Jaillit ma peine
Maman, je t'aimais
Je t'aimais si fort
De ma voix de cristal
Je t'envoie des pétales

Celle qui tue


Je suis l'idole qui empêche de dormir
Qui prend la vie des hommes et des femmes
Sans un regard
Je suis celle qui inspire L'amour même sans t'aimer
Même sans t'aimer
Je te donnerai des plaisirs, des plaisirs
Que tu n'as jamais connus, des plaisirs si forts
Que tu en mourras, en tueras, que tu me donneras
Le sang dont J'ai soif
La peau dont J'ai faim
Tu me donneras
Je suis celle qu'on tue pour pouvoir dormir
Je suis celle qui tue pour donner la vie
Je suis celle qui inspire L'amour et si je t'aime
Et si je t'aime
Je te donnerai des plaisirs, des plaisirs
Dont tu n'as pas idée, des plaisirs si grands
Que tu en mourras, en tueras, que tu me donneras
La mort dont J'ai soif
l'enfer dont J'ai faim
Tu me donneras?
Le sang dont J'ai soif
La peau dont J'ai faim
Tu me donneras
Je suis l'idole qui empêche de dormir
Et si je t'aime, et si je t'aime? Je t'aime ?Je t'aime ?

Requiem pour une soeur perdue


Quand tu es venue ce matin
Ton sourire ne me plaisait pas

Tu n'aurais pas dû, Amélie
N'acheter qu'un billet d'avion

Aller au Japon sans Robert
Sans ta sœur sans ma permission

c'est hors de question, Amélie
Tu n'iras nulle part sans moi

Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah,
Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah

De toute façon, Amélie
Tu n'iras plus jamais là-bas

Je t'avais bien dit, Amélie
J'interdis les départs sans moi

Tu reposeras bien gentille
Immobile au pied de ta sœur

Je n'aurais pas dû, Amélie
Resserrer mes mains sur ton cou

c'est une habitude délétère
D'étrangler ceux que l'on préfère

Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah,
Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah

Je t'inventerai une chanson
Requiem pour une sœur perdue

Je te fleurirai, Amélie
De jonquilles et de chrysanthèmes

Des camélias noirs, des lilas
Sur la tombe d’Amélie Nothomb

Je suis rassurée, Amélie
Plus jamais tu ne t'en iras

Le funambule


Vêtue gantée, masquée de noir
Sur une trace de charbon
Tenant le balancier du soir
Qui me disait de tenir bon
Qui me disait de rester digne,
Tandis qu'entre les deux buildings
On acclamait le funambule
Et moi tout en bas minuscule
Entre deux haies de figurants
Moi perdue au milieu du nombre
Je m'avançais en l'imitant
Je voulais entrer dans son monde

On acclamait le funambule
Moi tout en bas mimant son ombre
Je n'étais que son pâle émule
Je priais pour ne pas qu'il tombe
Et m'efforçais de rester digne
Lui là-haut entre deux buildings
Moi tout en bas vêtue de soir
Tenant bon le balancier noir
Il me fallait suivre la ligne
Sous l'équilibre de son ombre
Et jusqu'au moindre geste qu'il
Amorçait là haut sur son fil

Moi perdue au milieu d'une ombre
Vêtue de noir, sertie de sombre
Tandis qu'entre les deux buildings
Mon clone là haut dans sa bulle
Discrètement me faisait signe
De mimer sa vie funambule
Sachant bien que tout là-haut il
Voulait mourir droit sur son fil
D'une mort qui fut naturelle
Tandis que tout en bas sans aile
Je n'étais plus que son costume
Et l'ombre d'un espoir posthume...