Analyse (par Jenny)


XVIIIe siècle, c'est à cette époque qu'apparaît Mylène dans le rôle de Libertine, un nom déjà évocateur...
C'est la période du libertinage. Une noblesse bouffée par l'ennui, comble ses besoins dans "l'érotisation de la pensée". Libertinage mais aussi perversion et séduction, poussées au-delà des limites, au point d'en provoquer la mort (Duels, manigances, empoisonnements, règlement de comptes...).



D'abord, une mélodie aux notes graves, un corbeau, une étendue d'eau figée, un calme trop étrange, signe de mauvais présage.
Des cuissardes et chaussures de noble foulent l'herbe encore mouillée de la rosée du matin, un duel se prépare. Libertine et son adversaire se retrouvent face à face, pistolets chargés et prêts à l'emploi. On constate que les duellistes ont le teint pâle et les lèvres rouges "sang", le teint est une marque de reconnaissance de la classe sociale (signe de richesse). Qui va soustraire la vie de l'autre ? Nul ne le sait ! Les plans des personnages se succèdent et s'accélèrent, un sourire se laisse entrevoir. Libertine tire, le corbeau s'envole, roulement de tambours, le jugement est rendu, l'homme s'effondre et redeviendra poussière. La catin esseulée, présente sur les lieux pour soutenir son amant, s'approche de sa dépouille. Après constat, elle dévisage Libertine qui savoure sa victoire avec un air des plus satisfait. Le corbeau s'est envolé et Libertine aussi...



Changement de rythme, cette fois-ci plus dynamique ! Place aux plaisirs divers (plaisir du corps, on aura jamais montré autant de chair qu'à cette époque, décadence complète, sans gène) sans oublier les plaisirs du vin qui coule à flot, de la nourriture en abondance...
On y découvre dans cette nouvelle ambiance, une jeune femme libre, audacieuse ("bercée par un petit vent, je déambule"…) mais aussi une femme encore enfant (Comme la "Grenadine", boisson préférée des enfants puis "on me tient la main").
Ce soir Libertine séduit, Libertine dit oui, des regards profonds se croisent et s'apprivoisent, une envie mutuelle se fait sentir. On pourrait dire qu'il y a nouveau duel, mais il n'est pas question de mort juste une relation "dominant/dominé". Libertine s'évapore après avoir adressé à son futur amant un dernier regard brûlant...



Nouvelle ambiance, celle-ci se veut envoûtante, idéale pour les plaisirs charnels. Libertine et son amant se découvrent mutuellement... Nue, elle se donne et devient dominante ("Quand sur mon corps, tu t'endors, je m'évapore" mais sans oublier, "fendre la lune, baiser d'épines et de plumes"). Pendant l'acte amoureux, des hurlements de loups se laissent entendre tout comme les battements de cœur et les gémissements de Libertine. On pourrait se demander s'il ne s'agit pas, dans ce cas, d'un acte amoureux presque animal ! Fin de cet instant d'extase, Libertine s'éveille, nue, et laisse glisser le mot doux avant de rejoindre le salon pour retrouver la fête.


Epanouie, elle s'est abandonnée et nargue sa rivale, la catin, laissée pour compte par l'amant de Libertine juste avant l'acte amoureux. Libertine triomphe à nouveau et rend la jalousie de cette dernière plus grande encore. Celle-ci l'interpelle, elle répond, la situation dégénère rapidement et la violence éclate ! Tous les coups sont permis, bouteilles brisées, gifles et autres coups sont portés mais personne ne s'en mêle ! On se croirait à un combat de coq où il faut miser et apprécier le sang gicler ! Libertine finit par faiblir mais son amant la sauve in entremis. Il arrache Libertine à cette basse-cour et décide de prendre tous deux la fuite. La putain à nouveau vaincue, devient complètement folle, hystérique et jure que cette fois-ci sa vengeance n'aura pas de limites...


Les amants s'enfuient au triple galop, un roulement de tambour se laisse à nouveau entendre, les notes graves retentissent, ambiance semblable à celle du duel, n'est-ce pas ?
On aperçoit un "peloton d'exécution" composé de la catin et de ses courtisans, prêts à faire n'importe quoi pour un peu d'argent ou bien même pour quelques instants d'extase !!!
Combat inégal puisque les amants sans défense galopent vers une mort certaine ! La rivale ordonne, la poudre brûle et les balles fusent pour perforer de part en part et à plusieurs reprises, le corps des amoureux.
La chute est brutale, lente et vraie. Les amants s'écroulent, baignant dans leur sang, sans vie...
Fin des aventures de Libertine ? pas si sûr...