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Analyse (par Jenny)
Noirceur, froideur et liberté, voilà
ce qu'on retiendra de ce clip de dix minutes. Tourné dans
une usine désaffectée près de Budapest en
Hongrie, plusieurs journées de tournage, une centaine
de figurants au visage grave (exigence du réalisateur),
conditions météorologiques difficiles, des ingrédients
nécessaires à un nouveau chef d'uvre signé...
Boutonnat/Farmer. Peu de moyens techniques mais, en revanche,
un résultat surprenant et digne de notre tandem. Désenchantée
fait un véritable carton dès sa sortie, plus d'un
million d'exemplaires vendus !!!Cette chanson est d'ailleurs
devenue l'hymne farmerien !!!
L'essence
même du clip est un message : Libérer une génération
en mal de futur. Mylène met en paroles l'errance d'une
génération qui ne sait plus vers qui se tourner
pour trouver un sens à sa vie !!!
Budapest...
quelques secondes pour plonger dans la froideur du clip. Mylène,
accompagnée par une geôlière ravagée
par le temps, s'apprête à entrer dans une prison
tenue sous haute surveillance. Soudain esseulée, elle
se retrouve face à face avec les autres prisonniers qui
lui réservent un accueil des plus particuliers, à
coup de boules de neige et de pierres, en guise de bienvenue.
On peut
comprendre dans ce clip que la prison est certainement l'image
que Mylène veut donner pour représenter la société.
Les prisonniers n'ont plus leur liberté et sont contraints
aux travaux forcés. La société n'est plus
à l'image de l'espoir mais du chaos.
" Tout est chaos, à côté, tous mes idéaux
: des mots abîmés... "
Ce clip
est composé de deux parties : la soumission et la rébellion.
On retrouve Mylène et le petit "Gavroche" assis
sur un lit pendant que les autres prisonniers se reposent. Il
ne faut pas oublier que ces deux personnes sont à l'initiative
d'une révolte qui conduira les fuyards vers la Liberté.
Plus tard, au moment de l'infâme repas quotidien (bouillie
de cafards...) Mylène se révolte devant l'assemblée
et révèle son impertinence ! Elle est frappée
violemment au visage par une geôlière puis se rebelle.
Elle arrache les planches clouées aux fenêtres et
laisse jaillir la lumière. C'est alors qu'arrive enfin
le temps de la rébellion. Les prisonniers se déchaînent,
mettent à feu et à sang tout ce qui les entourait
jusqu'à présent.
On peut
penser que lorsque le Christ sur la croix tombe, Mylène
ne compte plus sur la religion pour trouver un sens à
sa vie et même je dirais qu'elle n'y croit plus. Il ne
faut pas oublier que cette croix est souvent présente
dans les clips de Mylène (Sans logique, Je te rends ton
amour...). N'oublions pas que " Marie " représente
la mère de Jésus mais aussi celle de la religion
chrétienne. " à quel sein se vouer, qui peut
prétendre, nous bercer dans son ventre ".
Mylène ne cherche plus le réconfort d'une mère
quelle qu'elle soit.
On retrouve
aussi dans ce clip des images très fortes sur les enfants.
Regards tristes et perdus, ils fument, crachent...Des enfants
trop souvent abattus par leur faiblesse et terrassés par
les coups reçus. Ce sont des enfants à qui on a
volé leur enfance, l'espoir et leurs rêves. Encore
plus surprenant, l'image où le petit "Gavroche"
emprunte le chemin vers la liberté avec la Mort à
la main (une mitraillette) et abat les gardes sans aucun remords.
Ces enfants deviennent des hommes malgré eux, ne serait-ce
que pour survivre.
Face à
cette liberté soudaine sur l'immense plaine hongroise
nommée " Pustza " dont l'horizon se confond
avec les nuages, une autre confusion encore plus grande se heurte
aux " nouveaux libres " : Le vertige face à
la liberté... et c'est sur des regards perdus dans le
vaste paysage enneigé que le clip se termine. |