
Analyse (par Jenny)
"Comme
j'ai mal" est le 4e single extrait de l'album "Anamorphosée".
Un album aux tendances américaines, au son plus rock,
où sa plastique prime sur les textes... enfin à
première vue :-) Marcus Nispel a réalisé
trois vidéos clips pour la belle rousse. "L'instant
X", "XXL" et pour finir "Comme j'ai mal".
Les deux premiers clips se veulent optimistes et sexy alors que
le troisième, reprend l'ambiance des premières
vidéos de Laurent Boutonnat.
Ce clip retrace les péripéties
d'une petite fille, alias Mylène, qui subit les violences
répétées de son paternel. Tout au long du
clip, il y a un jeu d'obscure clarté. La fillette, Mylène,
sont éclairées tout au long du clip par une lumière
vive. Vêtues de blanc toutes les deux, elles représentent
une "pureté/ innocence violée". Leur
lieu de refuge n'est autre que la penderie de l'enfant. Celles-ci
s'y réfugient régulièrement afin de ne pas
subir les mauvais traitements d'un père violent. On peut
aussi ajouter à ce drame, l'absence d'une mère
incapable de faire quelque chose pour son enfant. Tout le reste
du clip est sombre, lugubre. On a cette impression d'être
le spectateur d'une maison sans vie, décharnée
d'amour et de joie.
"Je bascule
à l'horizontal, démissionne ma vie verticale"
signifie que l'enfant souhaite abandonner sa vie de petite fille
meurtrie.
Elle a, pour amis, des insectes de toutes sortes et une poupée
borgne, qui l'accompagnent tout au long de son douloureux chemin.
"Ma pensée se fige animale" : La petite
fille a pour désir d'appartenir au monde des hyménoptères,
coléoptères et autres insectes invertébrés
afin de s'échapper de sa vie actuelle.
La petite s'est imaginée un univers qu'elle seule connaît,
où elle se sent bien avec ses confidents. C'est pour cela
que la fillette ingurgite des quantités de sucre et de
miel afin de devenir ce qu'elle désire pour échapper
au sort que son père lui réserve à chaque
visite nocturne. Devenir une sorte d'animal chimérique,
tiré de nos rêves sans doute ;-)
On pourrait aussi supposer que "la pensée animale"
serait une régression de l'être humain, état
basique d'un être sans sentiment.
"Abandon du moi, plus d'émoi" : Devenir
insecte serait pour la fillette synonyme de libération,
d'abolition de ses souffrances infligées à tort.
La souffrance et la peur s'envoleront... sans être oubliées.
Quand on est un enfant, les idées parfois les plus farfelues
semblent être les meilleures.
"Je vis hors de moi et je pars" Ne plus exister
sous cette enveloppe charnelle pour mieux exister ailleurs, parmi
ceux qu'elle affectionnent. Peut signifier aussi, l'abandon de
la raison, déconnexion au monde humain...
Le
refrain traduit d'une part l'analyse de la souffrance et d'autre
part la libération en s'éloignant de cette souffrance.
"Je te laisse parce que je t'aime" signifie
que la fillette préfère s'enfuir et enterrer ses
souffrances au plus profond de son être plutôt que
d'affronter une personne qu'elle aime malgré les coups
portés à son encontre.
Telle
une chrysalide enfermée dans son cocon de soie, la gamine
essaye d'atteindre son objectif. Fuir parce qu'elle souffre,
fuir pour vivre. C'est à cet instant que la petite fille
prend l'apparence de Mylène, et devient une sorte d'hybride
entre humain et insecte. "Je m'abîme d'être
moi-même, avant que le vent nous sème, à
tous vents je prends un nouveau départ". Nouveau
départ ici, peut être interprété de
deux manières : La première, renaître d'une
autre manière, sous une nouvelle forme vivante (insecte)
; la deuxième plus terrifiante pourrait nous amener à
penser à la solution extrême du suicide.
Pour la fin du
clip, il est difficile de donner un point de vue, une remarque
quelconque. On découvre alors Mylène, animal chimérique
dans la pénombre de la nuit, et, la petite fille courant
à vive allure dans les bois avec sa poupée. Les
derniers moments du clip sont assez vagues : le père se
réveille et s'aperçoit probablement que sa fille
a disparu. Celle-ci a stoppé sa fuite et semble réfléchir
dans les profondeurs de la forêt. On suppose que l'enfant
reviendra auprès de ses parents mais ne pardonnera pas
pour autant les blessures qu'on lui a infligé. On peut
même croire que cette femme ne pardonnera pas puisque Mylène
d'une part, tournera le dos (dans le rôle de l'enfant)
et d'autre part, se repliera sur elle-même (dans le rôle
de l'animal).
Même si Mylène a
changé avec la venue de cet album, elle reprend infatigablement
les mêmes thèmes tels que La Mort, la solitude,
la souffrance, la fuite du temps qui passe... seule nouveauté
dans cet opus, sa soudaine fascination pour la spiritualité
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